L'allaitement
Le sein, fut l’un de nos grands alliés au cours de ce voyage, car toujours disponible en voiture, en bus, en train, en pirogue, en pleine jungle... Ruben, a tété évidemment pour se nourrir, mais aussi pour se relaxer quand nous passions des journées sur la route, contraint de passer des heures sans pouvoir se déplacer librement. Il a tété aussi pour trouver le sommeil : « toto », disait-il. Durant la suite de notre périple, dès notre première étape asiatique, l’allaitement a grandement simplifié les conditions et le confort de ce voyage pour notre bébé : disponibilité constante et immédiate, parfaite hygiène. Le sein a souvent représenté pour Ruben l’élément invariable au parfum rassurant durant cette période de grande itinérance qui a été la nôtre. En effet, son cadre de vie était presque chaque jour modifié, il ne bénéficiait d’aucun élément stable : le lit, la chambre, la maison, la nourriture, les odeurs, les textures, tout un environnement qui se modifiait à longueur de temps. Le sein est donc rapidement devenu son indispensable doudou, et le creux des bras de Monica une alcôve apaisante et rassurante dont il n’a pu, ni voulu se passer. Mais l’allaitement a également engendré une conséquence que nous n’imaginions pas. Depuis sa naissance Ruben prenait le sein au gré de ses envies et de ses besoins, le jour comme la nuit. Durant les premiers mois à Madagascar, comme après, il n’a que rarement fait des nuits complètes. A Madagascar nous avons cherché à enrichir et diversifier son alimentation, avec succès. Monica lui préparait des purées de légumes, semoule, riz, agrémentées de poisson ou de zébu qu’il appréciait grandement. Très loin de la société des petits pots Blédina notre bébé a mangé tôt et de tout comme le reste de la famille. Nous avons tenté à maintes reprises de lui faire boire du lait maternisé pour qu’il fasse ses nuits En vain. Nous craignions surtout qu’un jour Monica soit dans l’incapacité d’allaiter si elle tombait malade, si elle devait s’absenter… Mais jamais Ruben ne voulut boire de lait, ni au biberon ni à la tasse. Lors de notre séjour au Cambodge, nous avons tous perdu beaucoup de poids, ce qui nous a grandement inquiété. La chaleur était accablante, nos conditions d’hébergement souvent rudimentaires, les transports difficiles et la nourriture très frugale et trop peu variée. Nous avons également souffert de turistas à répétition. Nous vivions alors dans un environnement magnifique mais dans des conditions très sommaires. Durant cette période Ruben, très amaigri n’a plus accepté de manger du riz, base pourtant incontournable de notre nourriture. Fort heureusement, après quelques semaines de séjour au sud du Laos, nous avons trouvé une nourriture plus variée et plus riche, Ruben s’est à nouveau correctement nourri et a repris du poids. Il a pris goût aux plats épicés au Myanmar ce qui lui a permis d’apprécier la cuisine Indienne sans soucis. Il a commencé à marcher à 16 mois, et a commencé à apprendre la propreté à 17 mois, à notre arrivée en Inde.
Il nous a semblé incontournable de choisir l’allaitement comme mode d'alimentation principal pour voyager avec nos enfants lorsqu’ils étaient petits. Au départ de notre périple de 2 ans, Ruben était âgé de 4 mois et demi. Nous avions défini que la première étape de notre voyage serait la plus sédentaire, elle durerait sept mois. Cette première escale était destinée à acclimater les enfants à une vie très simple, sans électricité ni eau courante, sous le climat particulier des tropiques, en permettant à Ruben de se familiariser en douceur avec notre aventure. En allaitant Ruben, nous évitions les préoccupations dues à la recherche des boîtes de lait, des biberons, tétines et autres accessoires indispensables. Nous avons opté pour l’allaitement maternel qui présente l’avantage de combiner hygiène et santé, en nous simplifiant la vie. Inutile de se soucier du stockage, du transport, de la préparation du mélange, de l’eau, du réchauffage, de la stérilisation…
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